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comment fonctionnennt le foyers d'acceuiil

 

COMMENT FONCTIONNENT LES FOYERS D’ACCUEIL 
ARTICLE PARU DANS LEXPRESS DIMANCHE   NO 18329 –28 AVRIL 2013 
 
 
Les soupçons d’abus sexuels au foyer Namaste ont suscité débats et inquiétudes. Gros plan sur le fonctionnement des foyers qui accueillent les enfants en détresse en Maurice. 
 
Au centre Terre de Paix a Albion, des petites mains réalisent des motifs à partir de CD usagés sur du papier. Rapidement, le blanc prend des couleurs. « Eh passe-moi l’orange ! », lance un garçonnet à son camarade. Avec son pinceau, il peaufine son œuvre d’art. Plus loin, une dizaine d’adolescents de 14 à 17 ans mettent la main à la pâte avec Danielle, leur éducatrice. Au menu, un gâteau renverse à l’ananas. Tout en cuisinant, ils apprennent la langue anglaise. 
 
Ainsi se décline la réalité des enfants en foyer. A Maurice, 19 centres d’accueil, dont trois établissements publics, hébergent quelque 500 mineurs. Leur rôle : pourvoir un espace de prise en charge en milieu alternatif  à la structure biologique- la famille en général – quand l’enfant y est victime d’abus, de négligence ou d’abandon. Ces abris, qui doivent avoir obtenu la certification de « Place of Safety » délivrée par le ministre de l’Egalite des genres et de la protection de l’enfant, peuvent prendre la forme d’un foyer d’accueil, d’un couvent, d’une institution, charitable ou d’un hôpital. 
 
Comment opèrent ces foyers ? Tout d’abord, ils doivent être conçus pour recevoir ce type de pensionnaires. « Il faut une infrastructure dotée d’aménagements spécifiques pour l’éducation, l’hébergement et l’épanouissement de l’enfant en toute sécurité », déclare l’éducatrice d’un centre d’accueil. Selon Alain Muneean, directeur de Terre de Paix, deux modèles existent. Le premier privilégie un placement dans un espace commun, comme dans le cas du foyer Namaste, tandis que le second intègre les enfants au sein de familles d’accueil. « Nous plaçons jusqu’à six enfants par famille. Chacune d’elles est soutenue par une auxiliaire, employée par notre établissement », ajoute-t-il. Une fois que les enfants sont accueillis, en foyer ou dans une famille, un plan de vie est défini pour développer leurs aptitudes et les scolariser, tout en maintenant, quand cela est possible, la relation avec les parents biologiques. La réhabilitation est également un fondement de la mission des foyers, indique l’éducatrice : « un abri n’est pas une prison. Un programme pour réhabiliter et sécuriser l’enfant est élaboré avec un personnel forme et engage ». 

L’état finance pour moitie

Idéalement, un foyer doit être compose d’un directeur, d’un superviseur, d’éducateurs, d’aides éducateurs (carers), et d’agents de sécurité, soutient-elle. Leur formation peut être effectuée en interne ou par un établissement spécialisé. Les enfants, eux, peuvent fréquenter une école ou un collège ou suivre un cursus interne élaboré par des éducateurs et d’autres professionnels. Des activités artistiques et des sorties pédagogiques sont généralement intégrées dans les programme. « Pour les sorties, nous avisons le ministère au préalable et fournissons le plan du site à visiter », précise l’éducatrice.

Pour ce qui est du financement, tout foyer reçoit de l’Etat une allocation journalière de Rs 243 pour chaque enfant place. Ce financement public représente 40 % à 55% du budget d’un centre d’accueil. Pour réunir les fonds manquant, les responsables organisent des collectes et font appel aux donateurs.